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[Histoire] Avant les TGV...
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Auteur:  Arnaud68800 [ dimanche 17 novembre 2013 22:47 ]
Sujet du message:  [Histoire] Avant les TGV...

Bonjour,

Nous avons vécu ces dernières années de grands chamboulements dans la desserte grandes lignes de l'Alsace... Je vous propose un petit retour en arrière.

Avant le lancement commercial du TGV Est, le 10 juin 2007, la desserte radiale de l'Alsace était la suivante :
- 11 AR Paris - Strasbourg via la ligne 1 (Paris Est - Epernay - Châlons-en-Champagne - Bar-le-Duc - Nancy - Sarrebourg - Strasbourg), dont un certain nombre était assuré avec des coupons Téoz avec tarification déjà régie par le Yield Management. Les autres trains étaient simplement classés comme "Corail" et utilisaient des voitures Corail+ classiques. Le meilleur temps de parcours était sensiblement inférieur à 4h, avec un unique arrêt à Nancy. Un AR était amorcé/prolongé à Mulhouse pour la desserte de Colmar et de Sélestat. Les BB15000 étaient à la traction (elles ont aujourd'hui migré vers la Normandie et le Nord et restent fort sollicitées).
- 8 AR Paris - Mulhouse via la ligne 4 (Paris Est - Troyes - Chaumont - Vesoul - Belfort - Mulhouse), dont 4 amorcés/prolongés à Bâle. Le matériel était composé de voitures Corail+ classiques tractées par des CC72100, qui officient toujours sur la ligne de nos jours. Le meilleur temps de parcours se situait autour de 4h20.

Le lancement du TGV Est s'est traduit par la suppression de tous les trains grandes lignes classiques empruntant la ligne 1 (à l'extrémité Ouest, les Régions Picardie, Champagne-Ardenne et Lorraine ont pris le relais en créant les TER Vallée de la Marne Paris Est - Châlons-en-Champagne - Bar-le-Duc / Saint-Dizier). Le sort de la ligne 4 a été moins fatal puisque 4 AR Paris - Mulhouse, 1 AR Paris - Belfort et 1 AR Paris - Vesoul ont été conservés.
Au lancement du TGV Rhin-Rhône (11 décembre 2011), les 4 AR Paris - Mulhouse ont été amorcés à Belfort puis, à l'été 2013, 1 des 5 AR Paris - Belfort et l'AR Paris - Vesoul ont été supprimés en semaine.

L'offre Intercités actuelle de la ligne 4 en Franche-Comté est donc la suivante (avec Corails + CC72100) :
- En semaine : 4 AR Paris - Belfort (départs de Paris Est à 13h12, 15h12, 16h42, 18h42 et arrivées à Paris Est à 9h16, 12h16, 20h46 et 22h16)
- Le samedi : 4 AR Paris - Belfort (départs de Paris Est à 7h42, 13h12, 16h42, 18h42 et arrivées à Paris Est à 9h16, 12h16, 17h16, 22h16) + 1 AR Paris - Vesoul (départ de Paris à 9h12, arrivée à Paris à 18h46)
- Le dimanche et fériés : 5 AR Paris - Belfort (départs de Paris à 7h42, 13h12, 15h12, 16h42, 18h42 et arrivées à Paris à 12h16, 17h16, 18h46, 20h46 et 22h16)
L'Intercités de nuit Strasbourg - Nice / Port-Bou emprunte également la ligne 4 entre Belfort et Culmont-Chalindrey. Depuis le service annuel 2013, ce détournement est régulier et les trains sont toujours tracés selon cet itinéraire au SA 2014.


Etant particulièrement attaché à la ligne 4, qu'il m'arrive d'emprunter de temps en temps à la place du TGV Rhin-Rhône, voici un petit reportage agrémenté de quelques vues Google Street View et d'une vidéo, permettant de retranscrire l'ambiance particulière d'un tel voyage, bien différente à celle que l'on ressent à bord d'un TGV. L'absence de caténaire, la ligne télégraphique encore bien présente, les gares aux équipements semblant dater d'un autre temps (à part les écrans LCD Infogare...) sont autant d'éléments nous plongeant en arrière. Avec une vitesse maximale de 160 km/h, il est recommander de s'appuyer à la fenêtre pour regarder les paysages défiler, d'autant plus que leur diversité et leur beauté l'y incite bien plus que les déblais des LGV, cachant le panorama...


SECTION BELFORT - VESOUL - JUSSEY

Départ de la gare de Belfort prévu à 14h42. Le bâtiment de la gare ressemble vaguement à celui de Mulhouse, si ce n'est qu'il est recouvert de briques. Les installations comportent 3 quais et 5 voies. Le train est déjà à quai probablement depuis un bout de temps, le mécano démarre le moteur Diesel de la "grosse bleue" à peu près 20 min avant le départ. Après quelques claquements et émissions de fumées, il se stabilise au ralenti et la climatisation ainsi que la totalité des éclairages se mettent en route dans les voitures Corail. En cette fin de week-end prolongé, la composition est renforcée de deux voitures (d'habitude, on a 6 voitures dont une 1ère classe) : CC72179, 1 B9ux (2nde classe à compartiments), 1 A10tu (1ère classe à salle), 1 B11tu (2nde classe à salle), 1 B9ux, 4 B11tu.

Le train part à l'heure pour un trajet de 4h04 exactement, assis dans les moelleux sièges rayés vert et gris des Corail (pas assez fermes à mon goût pour un trajet aussi long...). Le remplissage du train n'est pas mauvais, surtout si l'on considère la concurrence du TGv... Peu après la gare de Belfort se dressent à notre gauche les usines Alstom (on distingue également sur la vue la halte de Trois-Chênes, qui dessert surtout ce site industriel). En ce moment, les motrices des rames 2N2 4701 et 4702 y sont toujours garées. Notons qu'une fois dépassé l'embranchement vers le site d'Alstom, la caténaire s'interrompt. Nous quittons l'agglomération belfortaine très lentement : l'accélération se fait très progressivement (à cause du KVB ?)...
Nous atteignons la gare de Bas-Evette, desservie par les TER Belfort - Vesoul et Belfort - Epinal, à proximité de laquelle de trouve l'étant du Malsaucy, où se déroulent chaque année en juillet le festival bien connu des Eurockéennes. Notons aussi l'arrivée sur la droite de la voie unique de Giromagny, où circulent encore occasionnellement des trains de ballast s'approvisionnant aux carrières de Giromagny. Bien que cela ne soit pas perceptible pour le voyageur, la signalisation, qui du Block Automatique Lumineux depuis Mulhouse, passe en Block Manuel Unifié.
Le relief se durcit sensiblement et nous pénétrons en forêt. Après la courbe, nous entrons dans le tunnel de la Challière, long de 1200 m. Le vrombissement du moteur thermique de la CC résonne. S'ensuivent ensuite les gares de Champagney et Ronchamp (la célèbre chapelle dessinée par Le Corbusier n'est pas visible). Cette section, accrochée à flanc de colline, est particulièrement pittoresque. De beaux panoramas sont offerts sur notre gauche. La voie un peu usée, avec ses traverses en bois, contribue également à cette ambiance. Les poteaux de la ligne télégraphique sont encore présents.

15h02 : la gare de Lure est atteinte pile à l'heure. Sur la gauche se détache la ligne vers Villersexel (au premier plan), aujourd'hui inexploitée mais qui servait encore il y a peu à alimenter la base de travaux de la LGV Rhin-Rhône. Immédiatement après, sur la droite, se détache à son tour la ligne vers Luxeuil et Epinal, encore alimentée par un faible trafic TER. La ligne 4 continue sa progression dans la campagne haut-saônoise. Après la courbe se trouve le tunnel de Genevreuille (800 m). Ici, la ligne télégraphique est encore présente. Nous passons les gares désaffectées de Creveney - Saulx et de Colombier, avant de s'approcher de Vesoul. Nous contournons la ville par le Sud, en longeant les zones commerciales et résidentielles. La gare est atteinte à l'heure et les voitures se remplissent peu à peu...

A sa sortie, nous longeons un triage qui sert aujourd'hui de cimetière ferroviaire. Des Z6100 ("p'tit gris"), qui ont définitivement quitté la banlieue Nord en début d'année, ainsi que des voitures Corail radiées y sont stockées.
Passée la curiosité de Vaivre (je ne sais absolument pas pourquoi les voies sont autant écartées à cet endroit), nous replongeons à travers prairies et forêts. La petite ville de Port-sur-Saône est frôlée en tranchée ouverte, puis nous atteignons une dizaine de kilomètres plus loin l'ancienne gare de Port-d'Atelier (les voies principales de la ligne 4 sont au fond, devant le bâtiment voyageur), d'où se détachait la ligne vers Ailevilliers (sur Lure - Epinal), qui permettait à l'époque de rallier Paris à Epinal plus directement que l'itinéraire actuel via Nancy. L'environnement ferroviaire est toujours aussi pittoresque...

Nous atteignons désormais l'ancienne gare de Jussey, d'où se détachait une autre ligne vers Epinal. La signalisation bascule à nouveau en Block Automatique Lumineux.


A partir de ce point, je vous propose la vidéo suivante, filmée depuis la vitre de la porte d'intercirculation de la dernière voiture du train, et décrivant les lieux caractéristiques rencontrés sur la partie Jussey - Marnay (environ 70 km)
Il s'agit sûrement de la partie la plus pittoresque de la ligne 4, se faufilant dans la vallée de l'Amance puis le long du canal de la Marne à la Bourgogne, en passant par le célèbre nœud ferroviaire de Culmont-Chalindrey.

:arrow: http://youtu.be/CTHcte8fjvA

Suite du descriptif photo du parcours vers Paris Est à venir ultérieurement... Je compléterai peut-être aussi le reportage par la section Mulhouse - Belfort, mais son intérêt est moindre : elle est parcourue par un dense trafic TER et TGV et est donc beaucoup plus moderne que le restant de la ligne, hors banlieue parisienne...

Auteur:  marc [ mardi 15 septembre 2020 18:50 ]
Sujet du message:  Re: [Histoire] Avant les TGV...

Organisé par la SIM, une visio-conférence sur l'histoire du train en Alsace, aura lieu le 8 octobre à 9 h
Citation:
Nicolas Stoskopf, Professeur émérite d’histoire contemporaine à l’Université de Haute-Alsace nous fera l’honneur de partager son regard sur l’épopée ferroviaire telle que décrite dans son ouvrage : « Le train, une passion alsacienne ».
Le tout animé par Régis Boulat, historien et maître de conférence à l’UHA, intervenant de la dernière édition des cafés de l’histoire. Et le tout en seulement 30 minutes chrono ! Un moment d’exception qui sera suivi d’une discussion avec l’intervenant
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http://www.sim.asso.fr/3eme-edition-des ... -stoskopf/

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