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Hello a tous, j'aimerais profiter de ce cercle restreint et de passionnés pour vous demander votre avis sur la vision qu'on a de Strasbourg a long terme.
Je me suis fais une reflexion sur les derniers jours qui mènent a ce message j'espère que vous saurez partagez votre point de vue, et c'est même une invitation a le partager de manière construite meme et surtout si il est totalement opposé.
(Désolé comme c'est long je l'ai fait rerédiger par notre ami ChatGPT du coup ca prend un peu la forme d'une "tribune", et comme j'aimais bien le ton je l'ai laisser comme ca XD, mais l'important c'est le fond, j'ai pris principalement des exemple de transport comme c'est le sujet principal de notre "passion" commune ici mais j'ai aussi pris d'autre exemple)
Pour finir, avant de commencer, j'aimerais juste rappeler que ce message n'a pas particulièrement pour but de critiquer les politiques tenues depuis plusieurs décennies (bien que ce soit ce qu'il fait) mais plus à ouvrir un débat sur ce qu'il manque pour l'avenir. Il ne s'agit pas non plus d'un programme politique, ni d'un militantisme politique quelconque, juste une passion de ma ville et une invitation au débat.
Depuis des décennies, le récit métropolitain de Strasbourg est celui d’une petite ville sympa d’Alsace.
Une ville agréable, confortable, aimable, mais surtout une ville qui ne fait pas de vagues.
Pas même des vaguelettes.
Strasbourg s’est peu à peu construite sur une forme de renoncement tranquille : ne pas déranger, ne pas surprendre, ne pas viser trop haut.
Son ambition semble se limiter à rester ce qu’elle est, comme si vouloir davantage revenait à renier son identité.
Et pourtant, les atouts sont là, évidents, presque criants.
Ville transfrontalière, adossée au Rhin, carrefour naturel entre la France, l’Allemagne et la Suisse.
Une université majeure, un tissu industriel déjà présent, une situation géographique que bien des villes européennes pourraient lui envier.
On a même tenté de lui insuffler une ambition en y installant certaines des plus grandes institutions européennes, comme si le prestige institutionnel pouvait tenir lieu de vision.
Mais rien n’y fait.
Jamais Strasbourg n’a réellement voulu se penser comme un grand carrefour européen.
Jamais elle n’a assumé l’idée d’être une métropole économique et industrielle de premier plan.
Jamais elle n’a porté clairement un horizon de long terme, celui d’une ville d’un million d’habitants, pleinement intégrée aux grandes dynamiques continentales.
À la place, elle cultive le consensus mou.
L’exemple du marché de Noël est révélateur.
Sympathique, sans doute.
Fréquenté, assurément.
Mais surtout figé, standardisé, vidé de toute ambition esthétique ou narrative.
Surtout, ne bousculons rien. Ne choquons personne. Ne changeons pas les habitudes.
Résultat : un marché devenu davantage un produit touristique qu’une expression culturelle.
La comparaison avec Stuttgart est éclairante : là-bas, chaque cabanon est pensé, décoré, personnalisé, haut en couleurs, porteur d’identité.
À Strasbourg, trop souvent, on se contente de stands interchangeables, de maroquinerie bas de gamme et de produits sans âme.
Ce n’est pas un détail. C’est un symptôme.
Ce manque d’ambition est ancien.
Il est structurel.
On peut en retrouver la trace dans des choix historiques lourds de conséquences.
Lors de la renaissance du tramway moderne, la possibilité d’un métro avait été envisagée.
Elle fut écartée au profit du tram, solution plus consensuelle, moins coûteuse, mais aussi plus limitée.
Aujourd’hui, ce sont ces mêmes lignes, toujours en service, qui montrent leurs plafonds : saturation, lenteur, incapacité à absorber la croissance.
Encore une fois, le court terme a gagné sur le long terme.
Le dernier exemple en date, toujours sur le terrain des mobilités, est celui du REME.
Strasbourg dispose pourtant d’un autre atout majeur : un réseau de villes satellites déjà fortement industrialisées, bien au-delà de ce que leur taille pourrait laisser penser.
Obernai et son pôle agroalimentaire, Molsheim et son industrie, Haguenau, Sélestat, Offenbourg… autant de briques potentielles d’une métropole polycentrique.
Mais là encore, la vision fait défaut.
Le REME n’est pas pensé comme l’ossature d’un véritable bassin de vie métropolitain, où l’on pourrait habiter à Molsheim, travailler à Obernai et sortir le soir à Strasbourg sans dépendre de la voiture.
Il est conçu comme un simple système ferroviaire légèrement amélioré, sans ambition d’intégration territoriale, sans projection à l’échelle du quotidien réel des habitants.
Le contraste est d’autant plus frappant que Mulhouse, sur ce point précis, fait mieux.
Son tram-train jusqu’à Cernay assume une logique de continuité urbaine et d’usage.
Strasbourg, pourtant plus grande, plus centrale, plus stratégique, se contente d’un projet sous-dimensionné par rapport à son potentiel.
Il en va de même pour les très récentes lignes C4 et C5 qui se contente d'être des lignes 'structurantes banlieues à banlieues' sans vouloir réellement porter de projet autour ni porter aucune ambition, ca se traduit notamment par une mauvaise optimisation des équipement lié a ces transport le long du trajet.
Et ce renoncement ne s’arrête pas aux transports.
Le cas du projet Archipel 2 est sans doute l’un des plus révélateurs.
Situé au cœur d’un quartier d’affaires, à deux pas du Parlement européen, ce site avait tous les atouts pour devenir un pôle économique de rang européen, capable d’attirer de grands acteurs industriels et économiques.
Un signal fort. Un marqueur d’ambition.
Mais là encore, le choix a été fait de rabaisser l’enjeu, de déqualifier le projet, de le transformer majoritairement en logements.
Non pas que le logement ne soit pas un sujet secondaire, il est crucial, mais parce qu’ici, il sert de solution par défaut, là où une stratégie économique structurante aurait pu s’exprimer.
Toujours la même logique : éviter le risque, éviter la rupture, éviter l’ambition.
Enfin, un dernier point mérite d’être abordé : la transfrontalité.
Strasbourg se revendique volontiers comme une ville-frontière, comme un symbole du rapprochement franco-allemand.
Mais cette frontière, elle se contente de l’afficher, elle ne l’incarne pas.
Certes, le tram D traverse le Rhin jusqu’à Kehl.
Certes, quelques coopérations institutionnelles existent.
Mais cela reste largement symbolique.
La transfrontalité n’est pas pensée comme une réalité quotidienne, vécue, structurante.
Rien n’est réellement conçu pour faire de Strasbourg un carrefour de parcours de vie : habiter d’un côté du Rhin, travailler de l’autre, étudier ailleurs encore, sortir le soir sans se poser la question de la frontière.
Tout cela reste compliqué, lent, fragmenté.
On relie, mais on n’intègre pas.
On traverse, mais on ne tisse pas.
Là où d’autres métropoles transfrontalières assument l’idée d’un espace commun, Strasbourg reste enfermée dans une lecture administrative de la frontière.
Le Rhin demeure davantage une limite qu’une colonne vertébrale.
Exemple simple : combien d'entre vous savaient que Kehl dispose de son propre réseau de bus ? Moi non, je l'ai appris tres récemment alors que j'habite a Strasbourg depuis plusieurs années.
Et Strasbourg, au lieu de se penser comme le centre naturel d’un bassin de vie binational, continue de se comporter comme une ville française située « au bord » de l’Allemagne, jamais comme une métropole européenne au cœur d’un territoire partagé.
À force de ne vouloir choquer personne, Strasbourg finit par ne plus s’imposer à personne.
Elle ne manque ni de talents, ni de ressources, ni de positionnement géographique.
Elle manque d’un récit clair, assumé, et surtout de décisions capables de l’incarner.
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